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Le Maggid de Mezeritch : Aux sources du hassidisme

Résumé : Ce nouvel ouvrage de Catherine Chalier s'inscrit à la suite de deux ouvrages de Catherine Chalier déjà publiés dans Les Carnets spirituels : Les Lettres de la création (2006) et Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie (2011). Philosophe et spécialiste du juda\"isme, Catherine Chalier a publié récemment : Spinoza lecteur de Ma\"imonide (Cerf, 2006) ; Des anges et des hommes (Albin Michel, 2007) ; Transmettre de génération en génération (Buchet Chastel, 2008); La nuit, le jour (Seuil, 2009) ; Le désir de conversion (Seuil, 2011) ; Présence de l'espoir (Seuil, 2013) ; Lire la Torah (Seuil, 2014). Elle donne ici la première présentation de la personnalité et l'oeuvre du Maggid de Mezeritch, aux sources du juda\"isme hassidique ('Hassidout : piété, intégrité), ce mouvement de renouveau spirituel fondé en Europe de l'Est au XVIIIe siècle par le Ba'al Shem Tov (le \guillemotleftMa\ⁱtre du Bon Nom\guillemotright) et son disciple immédiat, le Maggid de Mezeritch. Le livre se compose d'un essai suivi d'un choix de textes extraits de ses deux ouvrages, Le Livre des paroles du Maggid à Jacob et Le Livre des points importants. Le livre On croit conna\ⁱtre le hassidisme sur la base des Récits hassidiques de Martin Buber (1949, traduit en 1980, 744 p.). D'autres ouvrages célèbres s'y réfèrent également : La Voie du hassidisme (1963) d'Arnold Mandel ou les Célébrations hassidiques (1972 et 1981) d'Élie Wiesel. Pourtant il n'est que de lire l'anthologie de Buber pour s'apercevoir qu'il s'agit ici davantage de \guillemotleftfioretti\guillemotright du hassidisme, d'une saveur merveilleusement chagallienne, plutôt que d'une présentation de la philosophie de ses grands penseurs. Ces pittoresques Rebbe de village qu'on nous dépeint, qui pourrait penser qu'ils ont laissé des textes d'une audace théologique et philosophiques tout eckhartienne ? Et c'est d'ailleurs du fait de leur difficulté que ces textes puissants demeurent aujourd'hui encore inédits en français. C'est dans ce travail passionnant que s'est lancée Catherine Chalier. Avec elle écoutons le Maggid : \guillemotleftL'homme doit se penser comme un Néant et oublier complètement son essence propre. Dans chacune de ses prières, il doit s'enquérir de la Présence (Chekhina) et parvenir ainsi à s'élever au-dessus du temps, c'est-à-dire atteindre le monde de la pensée, car là tout est égal, la vie et la mort, la mer et la terre.\guillemotright La création du ciel et de la terre, ainsi que de tous les êtres différenciés qui la peuplent, a consisté à faire appara\ⁱtre l'être à partir du Néant. Il s'agit maintenant de revenir au Néant, car le danger propre à la création vient de ce qu'il tend à oublier sa propre source. C'est pourquoi le rôle du Juste, le Tsaddiq, est faire passer l'être au Néant. Mais non pas pour s'y perdre : bien au contraire, celui qui s'unit au Néant divin - pour un bref instant - y trouve force pour agir en ce monde-ci et pour y répandre un peu de clarté. L'auteur Rabbi Dov Baer est né au nord-ouest de l'Ukraine vers 1700-1710. Après un mariage précoce, il continue à étudier et enseigner, vivant des seuls revenus d'une petite boutique tenue par sa femme. Les commentateurs soulignent sa tendance à la mélancolie, qu'il parvenait toutefois à surmonter pour transmettre force et joie à ceux qu'il enseignait. Sa rencontre avec le Baal Chem Tov en 1734 est libératrice. Sur fond de la crise religieuse due à la modernité naissante, le \guillemotleftBecht\guillemotright propose une voie de salut fondée non sur l'ascèse mais sur la joie, source de renouvellement pour la vie. En 1752, Dov Baer reçoit une lettre du Becht : \guillemotleftTu es celui que Dieu a choisi pour propager mon enseignement.\guillemotright Dov Baer décide d'aller le rencontrer et de suivre ses leçons. Critiquant son ascétisme, le Becht lui demande de mieux considérer ce monde-ci et la misère de ceux qui s'y trouvent. À la mort du Becht, en 1760, Dov Baer prend sa suite et s'installe à Mezeritch qui devient le centre du mouvement hassidique. Sa renommée lui attire beaucoup de disciples ou de gens simples. Contrairement au Becht, il ne voyage pas mais envoie des émissaires en Ukraine, Biélorussie, Galicie, Pologne et Lituanie. En 1772, il est confronté à un conflit très violent avec les adversaires (Mitnagdim) du hassidisme. Le Maggid conseille la patience et la retenue mais meurt cette même année 1772.
Document type :
Books
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https://hal-univ-paris10.archives-ouvertes.fr/hal-02572494
Contributor : Antoine Dauphragne <>
Submitted on : Wednesday, May 13, 2020 - 5:03:06 PM
Last modification on : Thursday, June 11, 2020 - 4:33:18 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02572494, version 1

Citation

Catherine Chalier. Le Maggid de Mezeritch : Aux sources du hassidisme. Arfuyen, 2014, 978-2-84590-207-7. ⟨hal-02572494⟩

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